13.09.2006
Matins d'encre, fin.
Cela fait des années, voir même des jours que ça dure... Dans cette boîte, à vrai dire plus spacieuse qu'elle n'y paraît, tout est gris.
Ce n'est pas faute d'essayer, on se débat, on fait des projets, on essaye de prouver qu'on vit. Mais petit à petit, très doucement, on disparaît, rongé par l'inintérêt et l'oubli.
Et l'absence de goût, et l'absence d'avis, et l'absence d'envie.
Absence de vie ?
Ce soir le néant me lèche les pieds, comme chaque soir, depuis que je suis arrivé. Est-ce alarmant ? Non. Petit à petit les autres s'en vont, mais moi je n'ai nul part où aller.
Enfin, c'est faux, il existe d'autres endroits où fuir. Mais je me demande si je n'y vais pas parce que je n'en ai pas la capacité, parce que je n'en ai pas envie, ou parce que ce serait une mauvaise idée. Et le pire, c'est qu'au fond je me fiche bien de ces questions, qui pourrait défendre leur importance ?.
Ce qui est important, je crois, c'est de sourire. C'est trop sous-estimé. Donner du bonheur aux autres, c'est rassurant, quand on n'arrive pas à s'en donner soi même.
Je ferme les yeux. J'ignore si je m'endors, ou au contraire me réveille, mais de nouveau je suis spectateur.
Le ciel est rouge.
Les murs tremblent et s'effondrent, sous l'effet d'innombrables hurlements d'effroi. Lentement la terre craque, se déchire dans un vacarme assourdissant.
Ce sont des trombes de flammes qui jaillissent des gouffres ardents ; elles dansent, se cambrent, et virevoltent au gré des cris. Chacun essaie de s'ôter la vie à sa manière, avec plus ou moins de succès. D'ailleurs, la plupart d'entre eux ne cherche pas à trouver du confort dans l'acte, tous s'acharnent, priant qu'aucun de leur sens ne puisse témoigner du cataclysme. Aujourd'hui, les esprits se pavanent, fiers d'être présents uniquement comme spectateurs. Les dieux, quels qu'ils soient, restent impassibles devant les implorations de leurs disciples.
Ce n'est qu'après quelques nuits d'atrocités que les sons s'évanouirent ; l'amère lueur des flammes laissant place à un majestueux soleil noir, engloutissant les derniers damnés dans son immense obscurité.
Je rouvre les yeux. Dommage.
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03.05.2006
Matins d'encre 3
On me propose un ver de jus d'orange. Drôle de bête, je refuse. D'ailleurs, j'ai l'estomac noué, je ne peux rien avaler. Qu'est-ce qui m'empêche de tirer la sonnette d'alarme, et m'enfuir de ce bourreau de train ? Je ne sais pas, je semble envoûté. Quelques sièges plus loin se tient une jolie jeune femme, au regard perdu. Elle chante, elle m'ensorcelle. Les quelques accords de guitare soutiennent la douce mélancolie de sa voix. Elle interprète à ce moment «As the Stars» paraît-il ; du moins c'est ce que l'écureuil au drôle de chapeau assis à ma gauche prétend.
Qu'importe, en fait, le train ralentit.
Est-ce ici que je dois descendre ?
Je regarde par la fenêtre. Un vieil homme me regarde, assis sur sa chaise, à ses côtés sa femme distribue des cartes. Il est écrit sur le panneau de la station le nom de la gare, mais à vrai dire, je n'arrive pas à lire ce qui est écrit, les lettres semblent danser et acclamer mon arrivée.
Je descends. La chanteuse me suit, continuant son art ; je salue ma famille qui reste dans le train, et regarde le train s'éloigner.
On y est !
La matinée touche à sa fin, la fraîcheur se dissipe un peu, le soleil est fier. Je suis heureux je crois, je descends la petite allée derrière la gare et je m'arrête devant une boîte aux lettres qui semble crier mon nom. Une boîte aux lettres qui parle ? Non, en fait c'était cette jolie fille au coin de la rue, une amie d'enfance, Amélie. Évidemment, je suis surpris de la voir ici, surtout sachant ce qu'il se passera tout à l'heure ! Mais sa réponse n'avait pas d'importance.
Je continue mon agréable chemin en sa compagnie, elle a beaucoup de choses à me raconter.
La chanteuse s'en est allée, elle s'appelle Lauren. Merci à la fille Enflammée de m'avoir permis d'y prêter attention.
13:05 Publié dans Idioglossia | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.04.2006
Matins d'encre
Hier je suis allé voir mamie. On est allé au ski, c'était génial. Je n'ai pas aimé le voyage en hélicoptère, ça me fait toujours un peu peur, surtout que papi ne résiste pas à faire des loopings pour nous taquiner. (un looping c'est un personnage de série télé)
Par contre il faisait très froid. C'est une chance que j'ai pensé à prendre des vêtements chaud avant de partir, j'ai pu vite enfiler mon anorak rouge, et me rouler dans la neige ! Mamie disait que la passoire ne devait pas me tenir chaud, car elle était bleue. Mais mon copain saturnin m'affirmait le contraire le lendemain, mais de toute façon il n'a pas de pieds, il peut pas trop parler.
J'étais donc dans la neige (c'était cool), et j'ai vu sabine au loin. Je lui ai demandé si elle avait un peu d'huile à me préter, enfin, pour ma mamie, mais elle m'a répondu qu'un malicieux cancrelat lui avait tout volé. J'ai failli pleurer, car je sais à quel point elle l'adorait. Je l'ai donc invitée à venir écouter de la musique dans ma chambre, et à dessiner pour se consoler. Elle m'a répondu non avec un léger sourire, alors nous sommes rentrés au châlet.
Il faisait sombre, la pluie battait sur les carreaux mais une légère odeur de fumée indiquait que le bouillon devait mijoter dans la cheminée.
C'est à ce moment là que le drame est arrivé.
Ensuite, on a fait une belotte avec papie et mami, et on s'est couché.
J'écris ma lettre dans le train, maman dit qu'on n'est pas bientôt arrivé. C'est dommage, je n'ai pas eu le courage de dire à céline que je l'aimais.
Je repense à son sourire, et à la douceur de son visage. Je ne sais pas si je la reverrai.
Je jette un oeil par la fenêtre, ça me fait un peu mal. L'horizon s'étend vers l'infini, le décors défile, je réalise que je m'éloigne à pas de géant de mon ancienne vie, je me laisse dériver, je ferme les yeux.
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